Tous mes rêves partent de la gare d’Austerlitz

Dans une maison d’arrêt, des femmes sacrifient souvent leur promenade quotidienne pour quelques heures à la bibliothèque. Autour de la bibliothécaire, Barbara, se retrouvent, tous les jours, Rosa, Marylou, Zélie et Lily. Elles évoquent, dans la passion ou la querelle, leur quotidien, leur travail, leurs amours, leurs rêves ou leurs enfances. Un soir de Noël, elles ont quartier libre. Elles préparent la fête et les cadeaux qu’elles doivent envoyer à leurs enfants. Avant minuit, débarque une « primo arrivante » Frida, arrêtée pour l’enlèvement de sa fille. Elle a été dénoncée au moment où elle achetait pour sa fille, Alice, la pièce d’Alfred de Musset : « On ne badine pas avec l’amour ».
Confrontée soudain à la réalité de l’enfermement, et ne supportant pas d’être séparée de son enfant, Frida veut mourir. Pour la sauver, les filles lui proposent de jouer une scène de la pièce de Musset, qu’elle pourrait filmer clandestinement et envoyer à Alice.
Au fur et à mesure, qu’elles avancent dans la controverse, sur l’amour et la religion, elles réalisent que la pièce fait écho à leurs propres parcours et blessures, et finissent par se confondre jusqu’à se déchirer, en vrai, avec les personnages de Musset. « On ne badine pas avec l’amour », pièce écrite pour dénoncer, sans concession, l’emprise de la religion, et pour interroger, avec cruauté, l’amour, va soulever les prisonnières comme une tempête. Emportées par le souffle de Musset, elles découvrent, à leur tour, à quel point ce monde contemporain, gangrené par la violence de la religion, et le pouvoir des hommes, détruit ou abime l’idéal d’amour des femmes, qu’elles soient libres ou prisonnières.

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L’Auteur

Poète, romancier et dramaturge, Mohamed Kacimi-El Hassani est né en 1955 à El Hamel, ville sainte des hauts plateaux d’Algérie dans une famille de théologiens.
Tout en poursuivant ses études coraniques, l’auteur est inscrit à l’école française. Son enfance et son adolescence se passent dans des changements perpétuels de ville qui mènent la famille d’Adrar à Alger.

Adolescent, il découvre Rimbaud et les surréalistes. Fourier et Proudhon. Il décide d’écrire alors en français. Après des études de littérature française à l’Université d’Alger, Mohamed Kacimi quitte l’Algérie en 1982 pour s’installer à Paris. Là, il rencontre les poètes Bernard Noël et Eugène Guillevic avec qui il publie plusieurs traductions. En 1987, il publie son premier roman Le Mouchoir (édité chez l’Harmattan). Deux années plus tard, il cosigne avec Chantal Dagron, Arabe vous avez dit arabe ? (édité chez Balland–1990) un florilège des regards que les écrivains d’Occident ont posé sur le monde arabe et l’Islam depuis Eschyle jusqu’au général de Gaulle. En 1991, au premier jour de la guerre du Golfe, il est envoyé spécial à la Mecque par le journal Actuel.

Passionné par la Bible, il entreprend avec Chantal Dagron l’écriture d’un essai sur l’imaginaire religieux du désert, Naissance du désert (édité chez Balland– 1992). Il est alors, avec le poète irakien Chawki, l’un des initiateurs du projet de la Maison Rimbaud à Aden et effectue de nombreux séjours au Yémen auquel il consacre un reportage dans Le Monde et collabore régulièrement à France Culture. Il publie Le Jour dernier son second roman (édité chez Stock–1995). Mohamed Kacimi décide alors de se tourner vers le théâtre par souci d’immédiateté de l’écriture. Il écrit 1962 une évocation des utopies et des rêves de l’enfance algérienne. La pièce, publiée chez Actes Sud, est mise en scène par Valérie Grail. Elle obtient le prix Lugano du Théâtre. Elle est aussi traduite en anglais et mise en scène par Françoise Kourilsky à l’Ubu theater de New York.

Il publie pour le jeune public, un roman Le Secret de la reine de Sabah (édité chez Dapper). Une version théâtrale en est tirée, et primée par le Ministère de la Culture en 1999.

Lauréat du prix Afaa-Beaumarchais, il écrit, lors d’un séjour au Sinaï, La Confession d’Abraham. L’ouvrage est publié alors aux éditions Gallimard. Mis en scène par Michel Cochet, lors du festival des Francophonies de Limoges, il est sélectionné pour la clôture des journées Beaumarchais au Studio de la Comédie-Française en juin 2001 et fait l’ouverture de la saison 2002 du Théâtre du Rond-Point.

Mohamed Kacimi anime plusieurs ateliers d’écriture autour des thèmes de la Genèse à Nancy, Saint Denis, Stains et Dreux.

Mohamed KACIMI

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